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mardi 07 avril 2020

Field Marshall LEKEAKEA , Booh Herbert, Ayuk ont servi le Cameroun avec patriotisme

Chaque fois que nous avons insisté sur le retour à la Fédération, comme solution idoine au problème anglophone, certains quidams ont rétorqué que les Sécessionnistes ne demandent pas le fédéralisme.

Qu’attendaient-ils donc ? Que les Anglophones prennent les armes pour le fédéralisme ? Et pourquoi ? Le fédéralisme était une posture de négociation qui coupait la poire en deux !
Mais il a été rejeté par le Gouvernement et ses partisans ont été mis en prison!

Pourquoi voulait-on qu’ils s’arrêtent au fédéralisme ? L’arrogance suscite l’extrémisme : si votre épouse vous reproche votre mépris, elle ne va pas indéfiniment se limiter à faire des bagarres à chaque insulte que vous lui ferez ! Elle finira par prendre acte que vous êtes incorrigible et va demander le divorce !

Et vous n’allez pas dire qu’il s’agit de deux femmes différentes, l’une qui refusait les insultes et l’autre qui demande le divorce ! C’est bien la même femme !

Les Sécessionnistes anglophones ne viennent pas du ciel, ni du Biafra comme certains le diffusent partout : ce sont les Anglophones que nous connaissons depuis longtemps ! Les BOOH Hebert, les AYUK et autres Fieldmarshal LEKEAKEA sont des Camerounais qui ont travaillé au Cameroun, en tant que patriotes, qui ont cru à la Nation camerounaise et l’ont aussi aimée comme nous, mais qui ont changé.

Les hommes changent !

Oui, Dieu a créé des hommes pour changer en fonction des circonstances !

Les hommes ne sont pas des morceaux de bois qui avalent toutes les vicissitudes sans changer !

Les Anglophones qui avaient accepté venir avec le Cameroun plutôt qu’avec le Nigeria sont les mêmes qui avaient voté pour l’Etat unitaire en 1972. Mais ayant constaté que cet Etat unitaire était trop étouffant, ce sont les mêmes Anglophones qui ont accepté la décentralisation en 1991.

Et ce sont les mêmes Anglophones qui, excédés par les atermoiements et les retards pris par le Gouvernement, ont déduit que seule, la restauration de la Fédération pouvait résoudre leur mal-être.

Mais lorsque, avec une brutalité absolument irrationnelle, le Gouvernement a réprimé les Fédéralistes en déclarant que « la forme de l’Etat n’est pas négociable », ce sont les mêmes Anglophones qui ont pris les armes pour engager une féroce et sanglante lutte pour leur libération.

Voilà la vérité !

Les Anglophones ont espéré une Nation camerounaise originale, tirant son évolution de ses propres référents historiques, sociologiques et géographique. Au lieu de cela, le Gouvernement a voulu les transformer en une sous-colonie d’une colonie française. Il a refusé de bâtir une Nation originale et authentique pour se donner corps et âme à une France dont il copie les institutions avec une fidélité maniaque.

Est-ce à ce genre de projet de nation que les Anglophones pouvaient adhérer?

Aucune intelligence dans l’approche des problèmes ! Comment peut-on imaginer qu’au moment où les Anglophones réclament leur autonomie confisquée, la seule chose solution que trouve le Gouvernement soit d’aller consulter la France et récupérer ses remèdes de « statut spécial » qu’elle applique à ses mouvements séparatistes (Corse, Nouvelle-Calédonie, etc.) ?

Quel était le message ? Le Cameroun est-il la France pour appliquer les « statuts spéciaux » ? C’est exactement ce qu’il ne fallait pas faire ! Comment, bon Dieu ! a-t-on pu proposer aux Anglophones le « statut spécial » de la France au moment même où ils nous accusent de vouloir les embarquer dans une entreprise de création d’une France tropicale ?

Non, non et non ! Le Cameroun doit avoir sa voie dans son évolution et ne copier personne. Notre pays est né fédéral, il doit demeurer fédéral.

Il n’y a aucun débat à mener là-dessus ! La suppression de l’Etat fédéral fut une faute, et la persistance dans l’Etat unitaire est une folie. C’est une aventure qui n’est pas viable et qui va nous conduire à l’abîme.

Il faut rentrer à la Fédération de 1961 en l’actualisant sur la base de nos référents historiques et mettre définitivement fin à cette soumission de caniche au modèle français qui ne nous conduira nulle part. Dans leur grande majorité, les Anglophones n’ont jamais voulu quitter le Cameroun, puisque c’est eux-mêmes qui l’ont librement choisi en 1961. Mais ils n’ont pas fait ce choix pour être phagocytés dans une sorte de France tropicale.

Il ne faudrait pas qu’on ne leur donne comme alternative que cette phagocytose ou la séparation, car à coup sûr, ils choisiront la séparation.

Dieudonné ESSOMBA

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