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mardi 10 décembre 2019

La chaise vide, non, mais ...ÉLECTIONS ? OUVREZ LES YEUX !


Dans le petit texte que j’ai publié hier, je faisais savoir que je suis contre la tenue des élections locales en février prochain. Et pour ce faire j’ai mentionné les trois raisons qui justifient ma posture : primo, la non-résolution de la crise anglophone, secundo, le code électoral éternellement partisan, et tertio, l’absence des libertés publiques. J’ai dit (et j’insiste) qu’il est malsain, et même très pervers d’organiser un scrutin dans des conditions pareilles

Mais chez nous en Afrique, la compréhension n’est pas toujours chose commune, surtout quand les sujets sont aussi brûlants que celui-ci. Voilà pourquoi des gens continuent de m’écrire : « La chaise vide n’est pas une bonne idée, car ce serait répéter l’erreur du SDF il y a 27 ans ». La question que je vous renvoie est la suivante : « À quel moment m’avez-vous vu parler d’une stratégie de la chaise vide ? »

Je ne demande pas aux autres partis de boycotter l’élection de février, mais d’EMPECHER QUE LES ÉLECTIONS SE TIENNENT EN FÉVRIER ! Je l’ai pourtant décrit de long en large.

Il faut penser au peuple avant tout. Et il faut arrêter de rêver en pensant que 10 ou 15 députés (sur 180 !!!) vont suffisamment faire basculer les choses en notre faveur. Nous ne cherchons pas à être bons deuxièmes, loin derrière un parti cannibale qui se moque des ridicules miettes qu’il a déjà lui-même volontiers prévu de nous laisser. Si nous allons à des élections c’est pour LE BATTRE, et rien que.

Mais à quel type de scrutin voulez-vous participer en sachant pertinemment que PERSONNE ne pourra battre campagne à Bamenda ou à Muyuka ? Lequel d’entre-vous accepterait d’aller habiter et d’aller voter dans une zone où même Paul Biya, l’homme le plus gardé de la république ne se rendra plus jamais, et où ses ouailles ( Atanga Nji, Dion Ngute, etc ... ) débarquent toujours sous forte protection policière ? Avez-vous déjà oublié qu’en 2018, le premier ministre Philémon Yang fut incapable de voter là-bas et dut violer la loi en le faisant ailleurs ?

C’est à mes yeux un affront envers nos compatriotes de ces zones dont les balles crépitent sur les toits nuit et jour. La priorité doit être la réflexion sur un retour IMMÉDIAT à la paix dans ces zones et que la vie reprenne son cours avant qu’on ne parle d’élection. Et cela passe par un dialogue national, un vrai cette fois, avec Ayuk Tabe et ses alliés, et où tous les sujets seront mis sur la table, même (et d’ailleurs surtout) ceux dont on ne veut pas parler.

De plus, vous avez bien vu que Sam Séverin Ango, qui veut être député MRC dans sa région du SUD, n’a pu se rendre à Ebolowa, se voyant interdire le visa dans son propre pays parce que la police et l’administration sont le bras armé de l’Etat Islamique RDPC. Quand vous visez 91 sièges au parlement (la majorité absolue), vous ne participez pas à une élection dans laquelle on vous a empêché de battre campagne pour convaincre vos potentiels électeurs. Ça n’a pas de sens, car vous partez perdant.

Ce que le régime fait à Ebolowa, il le fera à Sangmelima, à Maroua, à Yaoundé, et encore plus dans les villages reculés. Ses adversaires seront chassés, intimidés, menacés sur les lieux de vote. On voit déjà comment sans honte aucune, Maurice Kamto est interdit de meetings dans les deux plus grandes villes, et comment des sous-préfets primitifs refusent de signer des actes de résidence pour les dossiers de candidature.

Vous ajoutez à ce cocktail empoisonné le même code électoral qui a permis à Atangana Clément, à Jean-Baptiste Bascouda et à Émile Essombe de faire leur pornograohie politique au Conseil Constitutionnel, la boucle est bouclée. Alors mes chers, ou allez-vous comme ça ?

LA CHOSE À FAIRE :

En octobre 2018, il était nécessaire d’aller au scrutin, car il fallait montrer à la face du monde des preuves définitives de ce que l’on savait déjà : la malhonnêteté et la fourberie d’un parti-Etat qui se comporte bel et bien comme l’Etat Islamique, en considérant le pouvoir comme un cadeau familial. A présent que cette mission a été accomplie à la perfection, il faut changer de paradigme et passer à une phase supérieure de la Résistance. Celle qui permet d’empêcher une quelconque élection au Cameroun dans un contexte aussi pourri.

C’est de la simple logique humaine. Aucun pays sérieux ne ferait ça.

Les différents partis (MRC, SDF, CPP, PCRN-Univers etc ...) doivent penser à la population et mettre leurs égos et leurs querelles de côté, pour prouver qu’ils sont de réels adversaires au régime, et constituer un front commun historique contre l’arnaque. Le peuple sera impressionné par une telle dynamique et finira par s’aligner derrière cette coalition inédite pour faire pression et rendre l’air irrespirable à la troupe biyayiste. Le sérum de 2018 a soigné nos plaies, le vaccin de 2019 doit prévenir de prochaines blessures. La revendication de la justice ne doit plus se faire après, mais avant l’échéance.

Je me suis impliqué dans le combat citoyen pour voir les choses se faire autrement pour notre génération, et non pour regarder notre histoire tourner en boucle comme depuis 40 ans. Or c’est ce qui risque d’arriver en 2020, et en pire. Si nous ne décidons pas de faire ce que nous n’avons jamais fait, nous n’aurons pas ce que nous n’avons jamais eu. C’est la base de la science politique.

Même si bien sûr, je peux comprendre ceux qui veulent être députés coûte que coûte et rêvent d’honneurs de surface. Ça s’appelle du Momo-isme.

EKANGA EKANGA CLAUDE WILFRIED

( S’impliquer, ce n’est pas devenir ministre pour servir la nation et être reconnu, mais c’est servir la nation et être reconnu avant de devenir ministre )

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