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mercredi 28 octobre 2020

La reconstruction échouée du Noso ou un détournement programmé Par Mamadou Mota VICE PDT MRC

Après 4 ans de guerre sanglante, rythmée par près d'un million de réfugiés , plus de 7000 morts et près d'un million de déplacés internes, les deux régions anglophones du Cameroun sont dévastées par une guerre sans issue pour peut être les 5 autres années à venir si rien n'est fait.
Outre les pertes en vies humaines et déplacement des populations, la guerre a considérablement détérioré les moyens d'existence des populations ainsi que les infrastructures de développement des zones concernées.

Face à la pression de la communauté internationale, un certain dialogue sera convoqué en 2019 au motif de trouver une solution définitive à cette crise, seulement, c'est aux organisateurs de choisir leur propre interlocuteurs

Près de dix mois après le grand dialogue de M. Biya où le problème anglophone était discuté uniquement avec les pro-biya, on a pas l'impression d'avoir réussi la résolution du conflit du noso.

Aucune recommandation n'a été retenue de cette grande messe du rdpc qui a coûté 10 milliards, au contraire des propositions aussi humiliantes et frustrantes les unes que les autres à l'endroit des anglophones mais que l'élite a cherché en vain à faire gober aux populations. La preuve , aucune élection n'a pu se tenir au noso.

La reconstruction d'une zone décantée par un conflit armé est l'aboutissement qui couronne tout dialogue et repose sur la volonté des belligérants à entamer une reconstruction matérielle et immatérielle. Cette condition pour le noso au jour ne semble pas remplie car depuis le grand dialogue , Ngarbuh est le plat de résistance dans la barbarie que sert l'armée et d'autre centaines d'assassinats ciblés contre des attaques à l'endroit de l'armée républicaine par les ambazoniens. Comment allons nous construire la où la symphonie des canons rythme la vie ? Comment sensibiliser une personne vivant dans les champs alors qu'elle est prise entre deux feux?

Le postconflit définit un cadre d’analyse et d’action impliquant une série d’interventions standardisées : urgence humanitaire, post-urgence, transition, state-building, processus de réconciliation, reconstruction et développement, etc. [ONU, 1996]. Chaque étape est associée à une gamme d’interventions et d’acteurs garants d’une expertise et d’une neutralité technique [Lefranc, 2006], la Banque mondiale et l’Organisation des Nations unies, avec toutes leurs ramifications (UNHCR, PNUD, etc.) pilotant les institutions prestataires, gouvernementales (Union européenne, États-Unis) et non gouvernementales. Bien que certaines agences de nations unies s'associent à la reconstruction, il paraît risqué pour le PNUD de justifier son intervention à l'heure actuelle aux côtés des autorités camerounaises sauf une volonté de détournement peut justifier une telle incohérence. Nous sommes encore dans l'urgence et penser la reconstruction alors qu'aucun dialogue n'est entamé ne saurait être justifié. Les leaders sécessionnistes et les bande armées ne seront jamais associés à l'identification des priorités actuelles des populations dans le noso et cela est contraire aux normes des projets.

La phase de post-conflit est importante pour une évaluation sérieuse et participative de la reconstruction, il se trouve que le noso n'est pas encore pacifié et le régime de Biya avec l'appui de la France lance le projet. Qui en est le bénéficiaire ? Le président du comité de pilotage parle de l'agriculture, alors que les populations ont déserté les villages et techniquement, rien ne sera fait tout simplement parce-que ce n'est pas faisable. On a vu des militaires faucher des champs entiers de céréales pour leur propre sécurité. On y engloutit des milliards et de manières factuelles aucun indicateur ne nous sera servi pour nous permettre de vérifier si les champs ont été emblavés et récoltés. Ils préparent juste un gigantesque détournement. Il y'a près de 350 villages détruits, comment procéder à l'identification des bénéficiaires ?

Nous avons en mémoire la route Dabanga-koisseri dans l'extrême nord du Cameroun. Ce costaud marché attribué au génie militaire n'a jamais été réalisé et nous et nos enfants payeront cette dette contractée pour engraisser l'élite compradore .

Les grands marchés de reconstruction seront attribués et cela sans concurrence au génie militaire et les mêmes détournements qui caractérisent ce corps et son opacité aveuglera toute possibilité de recevabilité.

Les camerounais devraient s'apprêter à refuser les offres des pays amis qui servent plus cette classe qu'ils veulent perpétuer que l'intérêt du peuple paysan qui caractérise le Cameroun et dont la population en constitue l'essentiel.


Pour être juste et cohérent, nous devrons commencer à reconstruire les cœurs des camerounais ainsi que leur humanité entamée par cette folie et que le régime detruit. La reconstruction n'est pas un éternel recommencement, alors que le régime soit conséquent.

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