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vendredi 30 octobre 2020

CAMEROUN : QUI TUE DANS L'ARMEE? - PAR LE LIEUTENANT PATRICE NGASSAM

Les ayant-droits et la culture de la haine.

Tous ceux qui un jour ont participé à la célébration du 20 Mai à l'ambassade du Cameroun à Paris se rappellent de la présence importante de militaires Camerounais, qui viennent pour l'essentiel des différentes écoles de formation d'officiers Françaises. Celle de 2004 ne déroge pas à cette règle. J'y étais en compagnie de 4 autres Camarades des Écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan. Moi ayant été intégré cette école au grade de Sergent-chef, à grade égal, je passais en priorité du fait de mon ancienneté au grade précédent. Nous avions paradé fièrement ce jour-là devant les regards appuyés et admiratifs de l'assistance. En passant K-Tino était l'artiste vedette.

De retour à l'école, mardi le 25, je suis informé par mon chef de section que le même jour à 18h moi et mes autres camarades Camerounais seront reçus par le Général Commandant les écoles pour une célébration de notre fête nationale . Fait que je trouve très curieux car n'entrant pas dans les habitudes de la maison. À 17h50 nous nous retrouvons au Secrétariat du général, j'en profite pour essayer d'en savoir plus auprès d'un de mes camarades, je m'entends dire que c'est une initiative du général. 18h00 nous sommes introduits dans ses bureaux, il nous fait un petit speech de 2 minutes environ et passe la parole à notre représentant. Miracles ! Je découvre notre représentant, moi, qui selon la hiérarchie militaire devrait être celui-là, je suis balayé, relégué au rang de figurants. Notre représentant, aujourd'hui responsable des ressources humaines à la garde présidentielle, sort de la poche de son treillis, un discours minutieusement préparé et se met à lire. Il fallait entendre ce discours, tout à la gloire du Dieu créateur d'Etoudi, je me croyais à un meeting du RDPC,le Cameroun se resumait à Biya. Fin du discours, apéritif offert par le Général et dislocation du dispositif.

Je retourne dans ma chambre, honteux et confus, pourrais-je me plaindre auprès de l'attaché de défense à Paris ? Quel risque! Personne ne percevrait l'acte d'indiscipline ou manquement à l'éthique militaire. Notre représentant représentant parlant la même langue que l'attaché de défense, il fallait pas rêver. Je serais tout de suite présenter comme le Bamileke hostile au père de la nation.

Ce long narratif pour dire quoi? Quelque soit vos rangs au sein de l'administration Camerounaise, il y en aura toujours une personne au moins, en-dessous de vous, issue d'un groupe ethnique précis, qui s'evertuera à vous démontrer l'insignifiance de vos responsabilités. Ce sont ces mêmes personnes au sein de l'armée Camerounaise qui commettent les plus abjects abus. Ils se sentent invulnérables, intouchables, incontrolables et surtout insoumis. Ce sont les seigneurs ! Quel militaire Bamileke prendra le risque de fusiller de sang-froid mères et bébés ? Aucun. Non pas parce qu'ils sont plus humains que ceux à qui cette liberté est accordée, mais plutôt parce qu'ils seront tout de suite étiquetés comme étant des ennemis internes à abattre. Regarder les plus farouches défenseurs "du Cameroun ", ils se recrutent tous de la même région que notre responsable RH cité plus haut. Ils sont prèts à tout brûler pour conserver leur chose, leur pays, leur pouvoir. Malheur à qui oserait se mettre sur leur chemin. Jean Nkuété nous rappelait encore que leur férocité n'a d'égal que celle d'une lionne défendant ses lionceaux.


Courage à toi Rosange.

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