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vendredi 23 octobre 2020

Entre 2009 et 2020, que s’est-il vraiment passé dans le rapport de force entre Biya et la France

Dans une vidéo faisant suite  à un échange entre Emmanuel Macron et l’activiste Calibro Calibri, l’on a vu Macron parler avec mépris au président Paul Biya. Pour Jean Paul Pougala, Macron utilise le chantage pour faire plier Biya parce que ce dernier aurait fermé la porte à la France.

Du 23 au 24 Octobre 2019 se déroulait à Sotchi le premier sommet Afrique-Russie. Plus de 40 dirigeants étaient présent lorsque dans la salle de rencontre, les organisateurs ont retiré le drapeau camerounais et éconduit de la salle le ministre camerounais de relations extérieures. Invité spécial de  Poutine à ce sommet historique, Paul Biya avait tout simplement ignoré l’invitation parce qu’il devait recevoir un ministre français. Yves Ledrian arrivé au Cameroun, avait fait suspendre un accord déjà signé sur la concession du terminal du port de Douala, les négociations seraient en cours pour le rachat d’Eneo par le français EDF. L’on évoque aussi des tractations en cours pour la reprise par le français Veolia de Camwater .

Entre 2009 et 2020, que s’est-il vraiment passé dans le rapport de force entre Biya et la France sachant que dans les relations entre états, l’on possède généralement par le chantage dans le rapport de force ?

Le Jeudi 28  février 2008, sept mois après avoir prononcé à Dakar un discours jugé provocateur par les intellectuels africains, que Nicholas Sarkozy, devant le parlement Sud-Africain au CAP, a prononcé un discours appelant à la renaissance du continent africain, il s'était  particulièrement engagé à renégocier les accords de défense avec les Etats africains. Plusieurs pays ont à partir de 2009 renégocié les accords de défense avec la France, plusieurs pays y compris le Cameroun.

En Mai 2009, au moment ou Paul Biya révise les accords de défenses avec la France, accords initiés par Sarkozy, le Cameroun est courtisé par la Chine qui en 2007 a honoré le Cameroun d’une visite de son président, visite historique de trois jours .La Chine croyait pouvoir  faire du Cameroun le symbole de de la puissance de la Chine Afrique .Au congre du RDPC de 2011 Paul Biya avait déclaré : « La Chine n’arrache rien à personne ».

Entre 2007 et 2017 la China avait investi près de 3000 milliards de FCFA dans les infrastructures du Cameroun, elle détenait à elle seule 30% de la dette publique extérieur, et finançait plus de 67 % des projets. Invité en chine en 2017 par son homologue chinois pour expliquer l’échec de la coopération entre les deux pays , c’est un an plus tard que Paul Biya s’y est rendu, et justement parce que la Chine avait blacklisted le Cameroun qui n’allait plus bénéficier du moindre financement de l’empire du milieu. Lors de sa visite, le président chinois aurait signifié à son homologue qu’il ne souhaitait pas voir dans sa délégation le ministre camerounais de l’économie au cœur de l’échec de tous les projets. Les chinois ont renoncé au financements des projets, y compris les projets miniers notamment le cobalt de Nkamouna ,et le fer de Mbalam.

En fin 2017 le ministre de l’économie avait déclaré « Avec les difficultés de financements observés chez les chinois, le Cameroun va se retourner vers les partenaires occidentaux » Louis Paul Motaze.

Entre le  projet de E-National Higher Education Network signé avec une entreprise chinoise basée à Hong Kong, Sichuang Communication Telecom Construction Company et remis plus tard au Français Orange, le projet Startimes bloqué par Bolloré alors que le  groupe  présent en Afrique de l’Est voulait offrir 480 chaines TV pour des abonnements entre 1 200 et 6 000 F Cfa aux camerounais, la supra présence des entreprises françaises de BTP dans les projets d’infrastructures ,la signature des APE qui fait perdre près de 03 milliards l’an au Cameroun, la France a repris la main sur l’essentiel des appareils productifs du Cameroun.

Mines

Apres la troisième édition de la Conférence internationale des mines et exhibition du Cameroun (Cimec) tenue le 2 septembre 2019 le premier contrat signé par le Cameroun était avec le Français Eramet pour les plus importants gisements de rutile du pays, 500 000 tonnes. Un produit stratégique nécessaire pour le développement des infrastructures de logements.

CDC

Le 20 Juin 2018, un accord sur la vente d’une partie de la CDC a trois entreprises dont deux françaises et une égyptienne a été signé, il s’agit de Fertilore, Tyllium  et  Timac Agro.

PHP

En pleine guerre civil dans le NOSO, la PHP a acheté des milliers d’hectares de terre pour cultiver la banane, leurs installations sont sécurisées par les militaires du BIR.

Port de Kribi

Alors que le dossier de concession du terminal du port de Kribi était bloqué à la présidence pour décret, tous les observateurs prédisaient le retrait du groupe français présent dans le consortium Bollore/CMA-CGM/CHEC, après la catastrophe d’Eseka qui a endeuillé des centaines de familles camerounaise et dont le concessionnaire était mis en cause.

Initialement le consortium devait financer le second terminal, une exigence du gouvernement camerounais. Contre toutes attentes, le Cameroun ira emprunter de l’argent en chine pour financer le second terminal, plus encore, c’est le consortium amené par Bolloré qui sera désigné maitre du port de Kribi. Une situation qui ne va pas laisser indifférent Julius Malema, leader nationaliste sur africain et président du parti politique EFF(Economique Freedom Figther),dans un discours, il va évoquer le cas du Cameroun et d’autres pays africains où 60 ans après les indépendances, les ports sont toujours contrôlés par la puissance coloniale.

Chemin de fer

Après la catastrophe d’Eseka, le groupe Bolloré est pointé du doigt pour responsable de l’accident. La gestion calamiteuse des chemins de fer camerounais fera couler les larmes de plusieurs cadres de l’administration, une infrastructure construire par les mains des dignes fils du pays.La dégradation du chemin de fer qui conduira à la perte des centaines de camerounais suite à la catastrophe ferroviaire d’Eseka. Le 31 décembre 2016, le président Paul Biya reviendra sur le drame en affirmant pour ce qui est du rapport de la commission: « J’en tirerai les conséquences, je m’y suis engagé ».

Coup de tonner, selon des sources proches du dossier, le gouvernement en a profité tout simplement pour extirper les proches de l’ex secrétaire d’Etat Marafa Hamidou Yaya de Camrail, en renforçant les positions de Bolloré. Le gouvernement selon notre source aurait utilisé les morts d’ESEKA pour les règlements de comptes entre dirigeants.

Dès cet instant, les réseaux France africains contrôlent le ciel camerounais, la terre, les eaux et le chemin de fer.

Dans l’agro-alimentaire

SOSUCAM

En 30 ans de monopole, Sosucam a été incapable d’augmenter sa capacité de production, au lieu de l’améliorer, elle a plutôt fait chanter le gouvernement pour obtenir une autorisation d’importer. En 2013 Sosucam menace de fermer ses usines si le gouvernement ne lui donne pas l’exclusivité des importations du déficit sucrier global annuel du Cameroun en coordination avec les services étatiques compétents (Mincommerce, Minfi, et Mirap).Elle pouvait désormais importer 25 000 Tonnes de sucres par an. Le groupe français a renouvelé son chantage en Avril 2018, cette fois le gouvernement a cédé. Sosucam devient le seul patron du sucre Camerounais. En 30 ans, Sosucam devait pouvoir exporter dans la sous-région pour nous ramener des devises, hélas. Le groupe français dorénavant contrôle 100 % du marché du sucre au Cameroun.

SOCAPALM

Contrôlé par le groupe Socfin, avec pour actionnaire Vincent Bolloré, le groupe détient plus de 90 % des parts du marché d’huile de palme au Cameroun. En Juin 2017 , Dominique Cornet DG Socapalm est rentré en manœuvre auprès du gouvernement pour obtenir une hausse de plus de 30% sur le prix de l’huile de palme, les raison évoquées bien qu’ayant été balayées par l’Association des raffineurs des oléagineux du Cameroun (Asroc),le gouvernement a cédé , et un mois plus tard, le prix de l’huile de palme a augmenté de 50 % sur le marché camerounais.

Bouygues énergies

Expulsé du Gabon, le groupe Bouygues Energie ayant abandonné plus d’une centaine d’employés a été  sollicité par l’état du Cameroun pour la construction d’une ligne de transport Edea-Douala pour un marché évalué à près de 109 milliards de FCFA.

APE

La France est le premier bénéficiaire des APE signes entre l’UE et le Cameroun, un accord qui fait perdre près de 03 milliards de FCFA au trésor public tous les ans. Rappelons que la signature de ses APE a mis en veille l’accord de partenariat économique avec le Nigeria négocié depuis le dernier séjour du président Biya à Abuja, le Nigeria s’abstenait de ratifier l’accord de libre-échange avec l’Union Africaine par peur de se faire envahir par les produits européens arrivés à travers les pays voisins.

Pétrole et Gaz

Perenco Franco-Britannique Cameroun qui avait racheté les actifs de Total dans l’exploration contrôle désormais le pétrole du Rio Del Rey(Bakassi)   une vaste baie, ouverte et peu profonde constituant le fond de la baie du Biafra  dans un bassin versant dans l'estuaire situé au Cameroun, près de sa frontière avec le Nigeria .Perenco Cameroun est désormais la deuxième filiale au monde la plus rentable du groupe.

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