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lundi 30 mars 2020

Port de Douala: au Terminal à containers, vers une transition au bazooka



C'est par acte d'huissier que la direction du Port autonome de Douala (PAD) a enjoint hier la société Douala International Terminals (DIT) de mettre à sa disposition dès ce jour 31 décembre 2019 tous les biens qu'elle utilisait dans le cadre de la gestion en concession du terminal à conteneurs de céans. C'est ainsi une réquisition civile des biens matériels et immatériels du concessionnaire du TAC arrivé à échéance, hélas en terme conflictuel.
Et pour bien montrer qu'elle cesse son activité de gestion, exploitation et maintenance de ladite infrastructure portuaire comme elle informait ses partenaires dans une note d'information datant de quelques jours auparavant, la direction de DIT a refusé de viser la dite notification d'huissier. Pourtant, elle comporte une liste des biens en question. Du lourd en somme.
Cette réquisition à biens (matériels, immatériels, etc.) vient compléter celle relative aux ressources humaines. Selon nos informations, cette première aura eu lieu une douzaine de jours auparavant sous "l'assistance" des forces de sécurité camerounaise armées jusqu'aux dents. Certains employés de DIT, des cadres notamment, confient en avoir senti une humiliation. Laquelle s'est poursuivie par le dépôt de leurs véhicules de fonction. Entre autres.
Dans la réquisition d'hier, le PAD qui rappelle son statut de "puissance publique", met en garde les responsables de DIT au cas où elles s'opposeraient ou ne coopéreraient pas dans la mise en oeuvre de sa décision. Elle previent surtout qu'ils risquent dans ce cas des poursuites judiciaires.
Selon nos informations, même s'ils regrettent la tournure quasi violente de la transition ouverte, après l'échec des négociations pourtant entreprises depuis des mois pour une prorogation de 4 ans en vue de préparer une séparation éventuelle de manière harmonieuse, les responsables et/ou propriétaires de DIT n'entendent pas perdre leurs droits par le fait du prince qui a cours dans la place portuaire de Douala depuis la mésintelligence entre les deux partenaires à la veille de la fin contractuelle de la concession.
Certes, la direction du PAD, autorité portuaire, a elle-même prévu la possibilité d'indemnisation de la filiale locale de Bolloré/AP Moller. Mais ces derniers, qui semblent depuis quelques temps tenir le bon bout au plan juridique, entendraient s'en prévaloir au mieux de leurs intérêts.
En rappel, après la décision de la chambre administrative de la Cour suprême ordonnant un sursis à exécution des opérations entreprises par le PAD, une 2e décision du tribunal administratif du Littoral à Douala a annulé la semaine dernière le processus de désignation d'un nouveau concessionnaire pour "irrégularités".
Réagissant à cette décision, une note attribuée au PAD a indiqué qu'elle ne remettait pas en cause l'option de la mise en place au TAC d'une Régie déléguée décidée le 6 décembre dernier par son Conseil d'administration.
À ce jour, nul ne sait si appel a été relevé contre cette décision au moins embarrassante pour les autorités en charge de la conduite du processus de renouvellement de la concession du terminal à conteneurs.
Le bras-de-fer qui est ainsi loin de connaître son épilogue pourrait néanmoins avoir des conséquences importantes notamment sur la compétitivité de la principale place portuaire du Cameroun.
Le refus des dirigeants de DIT de viser l'exploit d'huissier notifiant la prise de possession des biens matériels et immatériels est suffisant pour montrer que les prochains jours connaîtront de nouveaux rebondissements si rien n'est fait dans le sens de l'apaisement.
Peut-être faudra-t-il alors une nouvelle intervention politico-diplomatique pour éviter les blocages redoutés au port de Douala, du moins par les observateurs avertis, précisément en raison de ce conflit commercial. Un adage fort répandu ne dit-il pas "qu'un mauvais arrangement vaut mieux qu'un bon procès"?
#AGA (Alex Gustave)

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