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jeudi 29 octobre 2020

LA BOUC-EMISSAIRISATION DES BAMILEKES POUR JUSTIFIER LES 37 ANS D’ECHECS DU RENOUVEAU. Partie 2/5

Au cœur d’un débat sur la radio Internationale française RFI, la France essaye de justifier son silence en présentant Paul Biya et Maurice Kamto comme deux leaders communautaristes soutenus chacun par sa région d’origine. Plus loin, pour la France l’échec du développement économique du Cameroun est lié non pas à la mauvaise gouvernance, mais les bamilékés. Ce que dit la France est valable aux yeux d’élites camerounaises.

Après la forte mobilisation internationale des BAS  et autres forces du changement pour dénoncer la complicité passive de la France face au scandale démocratique observé au Conseil Constitutionnel du Cameroun, Macron était désormais exposé. En France l’on avait assisté à un black-out médiatique sur la répression du régime Biya contre les opposants qui pacifiquement dénonçaient le holdup up électoral. En se servant d’RFI pour présenter Paul Biya et Kamto comme des candidats communautaristes, Paris essaye de se blanchir en justifiant sa position de neutralité.

En Mai 2019, c’est à genou que le sénateur élu du sud Mba Mba demandait pardon à la jeunesse  de la région  pour les avoir abandonné à leur propre sort. C’était au cours d’un forum organisé pour l’entrepreneuriat jeune ayant  réuni des élites sociopolitique et économique. Les plaintes des jeunes contrastaient avec la politique des grandes réalisations ayant consacré l’essentiel des projets structurants virtuels dans cette partie du pays.

Les villes d’Ebolowa et Sangmélima sont dans le noir malgré les chantiers des barrages de Memvele et Mekin, qui les deux ont engloutis plus de 500 milliards de FCFA, les usines de tracteurs d’Ebolowa et Manioc de Sangmélima n’existent plus, le port en eau profonde de Kribi n’utilise pas les 1 /10e de ses capacités. Pas de routes dans le sud, pour partir d’Ebolowa pour Sangmélima, les plus importantes villes de la région, il faut retourner dans le centre. À quelques kilomètres toujours dans la région du sud, malgré les promesses de 2009 sur le complexe industrialo portuaire, la principale activité des jeunes consiste à creuser le sable dans les plages.

C’est en parcourant la déclaration rédigée par 10 députés sur les onze que compte la région du Sud  après l’expulsion de Paul Biya de Genève qu’il faut apercevoir la signature de Mba Mba qui comme les autres élus accusaient  les Bamilékés de vouloir déstabiliser le Cameroun en sapant les efforts de Paul Biya. Leur silence le 29 Octobre lorsque les populations du Sud détruisaient et pillaient les boutiques des bamilékés témoignait du satisfecit face à la bouc-emissairisation de ce groupe sociologique de l’Ouest.

Les élites politico administratives de l’Ouest

Après la sortie des élus du sud accusant les Bamilékés de vouloir déstabiliser le pays, on se serait attendu à une riposte des élites de l’Ouest pour dire non à la marginalisation. Ils ont tout de suite organisé un grand meeting dans la ville de Bafoussam pour valider la thèse de déstabilisation pour les leurs et tourner le dos à celui que la France présentait comme la cause de l’échec du développement du pays ,Maurice Kamto et les bamilékés.

Bafoussam, capitale régionale de l’Ouest, on dirait une ville fantôme. Pas de goudron, l’éclairage public quasi absent, les milliards du C2D pour le développement de la ville sont toujours disponibles. Les 43 morts de Ngouaché et l’éboulement de la route de l’évêché sont venus nous rappeler qu’on ne développe pas une ville avec le mensonge et manipulations.

En 37 ans, les élites de l’ouest ont défilé devant populations pour vanter les efforts invisibles du renouveau, pas un seul projet créateur d’emploi n’a été initié dans la région de l’Ouest.

L’exclusion des Bamilékés

Dans son Edition du 13 juin 2019, le journal Le Jour a qualifié la répression de la marche insurrectionnelle du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) du  08 juin 2019  et de bien d’autres qui l’ont précédé de « la traque au faciès ».Ces informations avaient été confirmés par le porte-parole de Maurice Kamto, c’était au cours d’un entretien avec l’agence russe Sputnik. Dans les rues, les jeunes camerounais étaient arrêtés parce qu’ils étaient Bamilékés.

Cette bamiphobie s’est manifestée il y a quelques  semaines, lorsque les candidats aux postes de maires et députés ont déposé dans les services des sous-préfets les documents à légaliser pour la constitution de leurs dossiers. Valère Bessala, administrateur civile et tête de liste d’une formation politique a fait des révélations révélait sur les antennes de canal 2 « j’ai envoyé établir les extraits de casiers judiciaires au palais de justice, j’en ai envoyé 15 et tous ceux qui étaient de l’Ouest leur extrait de casier judiciaire ne sont pas sortis … ».La bouc-emissairisation des bamilékés présentées comme la cause de l’échec des 37 ans du régime va au-delà de l’élite politico administrative, elle est entretenue par les élites économiques et traditionnelles du pays .La suite dans la partie 3 /5.

Albin Njilo


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