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dimanche 15 septembre 2019

Cameroun : Comment un médecin sauve des vies en prescrivant de l’argent aux patients

Dr Henri Ewane, fils d'un riche homme d'affaires est devenu aujourd'hui médecin. Il a choisi ce métier, non pas pour gagner de l'argent, mais pour aider des personnes plus pauvres que lui. Après sa sortie de la Faculté de médecine, il est affecté dans une zone rurale de la région du centre du Cameroun. 
Il s'y est installé et a commencé à travailler avec passion.

Au bout de quelques mois, il a fait un curieux constat: Chez certains de ses (jeunes) patients, malgré la batterie d'examens médicaux et les traitements qu'ils leurs administrait, ils ne guerissaient pas! Il s'est donc dit qu'il n'avait sûrement pas traité la source principale de leurs maladies à savoir...la pauvreté !

En effet, la majeure partie de ses patients étaient sans emploi, sans formation et sans soutiens financiers. Après ce diagnostic situationnel, il est remonté sur Yaoundé la capitale pour se renseigner sur tous les programmes d'aides et de soutien gouvernementaux dans la lutte contre la pauvreté à la base. Au Ministère de la jeunesse, lui a donné des informations sur le PAJER-U, Le Plan d'urgence triennal, et Le Plan Spécial jeunes de 102 milliards de FCFA lancé par le président de la république, Agence civique Nationale de participation au développement, etc.... Au Ministère de l'emploi et de la formation professionnelle on lui a parlé du PIAASI et d'autres centres de formation professionnelle à proximité de sa zone de travail. Au ministères de l'agriculture et au ministère de l'élevage on lui a parlé de tous les programmes spécifiques concernant la banane plantain, Racines et tubercules, Maïs, Filière porcine, volaille, etc...

De retour dans sa zone de travail et de concert avec les responsables locaux de ces ministères, il a inséré ses patients qui ne "guerissaient pas" dans ces programmes de lutte contre la pauvreté. Au bout de quelques mois, le résultat fut spectaculaire ! La pauvreté chez ces patients avait régressé. Et les maladies aussi!

Depuis lors, au lieu de prescrire uniquement des médicaments, il s'est mis à "prescrire" également de l'argent par l'insertion des patients en difficulté dans des programmes de lutte contre La pauvreté.
Pour Dr Ewane, il était désormais évident: Tant qu'on ne tient pas en compte certains déterminants sociaux tels que l'éducation, la formation professionnelle et SURTOUT la pauvreté, l'état sanitaire de la population ne va jamais s'améliorer.

Dr Ewane l'a compris et à mis à son petit niveau des actions correctrices pour résoudre ce problème. Mais au niveau national que faut-il faire? La maladie est considéré un "EFFET DE SEUIL" de la pauvreté. Lutter contre la maladie ne consiste pas seulement à renforcer la carte sanitaire du pays avec de nouveaux hôpitaux et, matériel et du personnel médical. L'état doit également lutter contre la pauvreté !

L'un des axes de cette bataille est de garantir le plein emplois citoyens. Mais en attendant, l'état devrait assurer les MINIMA SOCIAUX. Les pays occidentaux sous l'impulsion des gouvernements d'idéologie socialistes ont mis en place pour des populations sans situation professionnelle des REVENUS MINIMUMS. En France on connaît le RSA (Revenu de Solidarité active ) qui lui même a succédé au RMI. 
Au Cameroun que faut il faire?
- Relever le SMIC pour qu'il soit en adéquation avec la coût de la vie
- Mettre en place des filets sociaux pour des populations en situation de vulnérabilité extrême (handicapés, personnes âgées, réfugiés et déplacés internes, populations des zones rurales, etc..
- Améliorer la formation professionnelle des jeunes et le retour à l'emploi.

De nombreux médecins aimeraient bien prescrire de l'argent pour soigner de nombreuses maladies. Mais l'argent n'est malheureusement pas disponible en pharmacie !


Dr Roger Etoa 
Médecin de santé publique



Crédit Photo : Civeactu

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